Déjà 4 millions d’éléments répertoriés et 10 d’ici 2010, 27 pays partenaires et 26 langues d’utilisation : avec son slogan, « Pensez culture », Europeana vise à s’instaurer rapidement comme la grande encyclopédie en ligne gratuite. Elle présente plusieurs avantages : son caractère international qui permet à l’internaute d’effectuer une recherche simultanée dans plusieurs pays, mais aussi la diversité des supports mis en ligne. Europeana, ce n’est pas seulement un ensemble de textes, mais également des vidéos, sons et images de tous bords: clichés numériques de peintures, dessins, bâtiments, pierres tombales ou bijoux. Autre avantage: l’accès à des sources, notamment anciennes, qui sont d’ordinaire ultraprotégées.
« Europeana est intéressante sur le plan religieux notamment parce que les institutions des pays partenaires cherchent à mettre en ligne leurs trésors nationaux. Or, pendant longtemps, les œuvres religieuses ont constitué une part essentielle de ce patrimoine. C’est le cas par exemple des livres d’heures », explique Jonathan Purday, du bureau central d’Europeana à La Haye. Le livre d'heures des Sforza a déjà été numérisé et est accessible sur le site de la British Library, qui est notre partenaire. Nous sommes en train d’œuvrer pour importer sa collection “Turning the pages” (“Tournez les pages”) de textes sacrés dans Europeana. Outre des textes européens, elle comporte aussi des textes de provenances très diverses, comme le Coran du sultan Baybars, produit au Caire au XIVe siècle ou une bible éthiopienne commandée par l’emperor Iyasu aux environs de 1700. »
Europeana devrait constituer un outil de plus en plus intéressant pour les chercheurs en religions. Pour l’heure, elle semble parfois embryonnaire, y compris par rapport à des bibliothèques nationales ayant effectué un important travail de numérisation. En tapant « crucifixion » sur Gallica, le site des archives numérisées de la bibliothèque nationale de France, on obtient 5521 références contre 3495 sur Europeana. Pour « judaïsme », le score est de 1927, avec beaucoup de textes sur Gallica, contre 1764 pour Europeana, avec un fonds essentiellement photographique. Europeana a du chemin à faire, car elle devra aussi s’imposer en « doublant » ses concurrents privés, comme Google Books, qui cherchent eux aussi à étendre leurs fonds avec des alliances stratégiques.