02/04/2009
ACTU SPIRITUALITÉ
Les journées internationales de la spiritualité laïque
par Marilyne Hubaud

Ils sont quatre, engagés dans diverses voies spirituelles ou laïques, et se sont réunis pour créer les journées internationales de la spiritualité laïque. Rassemblant maîtres et penseurs, hommes de foi et hommes de science, la première édition de ces journées de débats et de rencontres, présidée par Arnaud Desjardins et ouverte à tous, se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 avril au centre de congrès Vinci à Tours.

Younès Aberkane est musulman. Il est membre du conseil des scouts musulmans de France et vice-président des Amitiés judéo-musulmanes de France. José Luis Remirez est chrétien. Il a étudié la théologie au séminaire de Pampelune. Il est trésorier de l'association humanitaire Réflexe et partage. Christian Roesch est chrétien. Il est spécialiste des textes traditionnels chrétiens et président de l'association Sens et Vie, qui promeut le développement personnel. Serge Troude est d'origine chrétienne. Il est président de l'institut de la Quatrième Voie, mouvement ésotérique international. Créée en 2007, l'association Organisation des journées internationales de la spiritualité laïque (OJISL) s'est dotée d'un comité d'éthique réunissant le lama Denys Rimpoché, président d'honneur de l'Union bouddiste européenne, Khadidja Khali, présidente de l'Union française des femmes musulmanes, André Cognard, maître aïkido, Bernard Montaud, fondateur de la psychologie nucléaire, le cheikh Khaled Bentounès, maître soufi et fondateur des scouts musulmans de France, et Lytta Basset, philosophe et théologienne, vice-doyenne de l'université de théologie de Neuchâtel. Cette première édition des journées internationales de la spiritualité laïque s'articule autour d'une interrogation : "Face aux défis de la société, que répondent les mouvements spirituels ?", et propose ateliers, conférences, tables rondes et concerts. Trois questions aux fondateurs du projet.

Quelle définition donnez-vous de la spiritualité laïque ?

Younès Aberkane : La spiritualité est une notion d'esprit, sans barrière dogmatique, et n'est donc pas synonyme de religion.

José Luis Remirez : Il s'agit d'une spiritualité ouverte et tolérante : être en paix avec soi et avec les autres, dans le plus grand respect.

Serge Troude : C'est une démarche consciente, afin de mieux comprendre notre passé et préparer notre avenir.

Quel sens donnez-vous à ces journées ?

Christian Roesch : Ce rassemblement va permettre à différents mouvements de s'exprimer. Aujourd'hui, on assimile trop la spiritualité à une démarche sectaire. Ainsi, chacun œuvre dans son coin. Il nous semble opportun, pour tous ces mouvements respectables, de s'affirmer. Le public pourra écouter, comparer, se faire une idée.

Serge Troude : Nous voulons qu’au-delà des grands courants religieux, émergent et soient accessibles à tous, sans exclusivité, d’autres voies de recherche personnelle, au-delà du dogme.

Younès Aberkane : Nous avons en commun une intériorité, l'homme n'est pas uniquement matière. La spiritualité est son oxygène, son inspiration, qui est d'autant plus nécessaire à une époque où les hommes souffrent d'un manque profond de repères.

José Luis Remirez : C'est la possibilité de proclamer l'existence d'une spiritualité non-circonscrite.

Vous présentez votre initiative avec cette affirmation : "La spiritualité ouverte et tolérante, incarnée dans des mouvements si divers, est la solution aux problèmes graves de notre société." En quoi peut-elle être une solution ?

José Luis Remirez : Je pense que c'est la seule et unique solution, car la réponse est à l'intérieur de chacun de nous. Imaginer que nous  puissions résoudre les problèmes de l'écologie sans être en communion avec la terre est un leurre. Et comment penser que nous allons éradiquer la violence si nous n'avons pas fait la paix avec nous-mêmes, avec nos proches ? Nous sommes un tout.

Younès Aberkane : En effet, nous sommes comme une ville avec nos émotions, nos décisions. Le cheikh Betounès dit ceci : "La politique, c'est la gestion de la cité. La spiritualité, c'est la gestion de notre cité intérieure."

Christian Roesch : Le premier progrès de l'homme, c'est la tolérance. Aujourd'hui, le phénomène du "chacun pour soi" pollue notre système économique et politique. Nous devons développer une attitude plus altruiste, nous avons besoin des autres. Je parle aujourd'hui d'une spiritualité citoyenne. Ce sont les actes qui créent la qualité de l'homme, pas les intentions ni les déclarations.

Serge Troude : L’égoïsme et l’égotisme des hommes sont les deux grands maux que nous devons comprendre et combattre. Il est encore temps pour une véritable prise de conscience. Chacun peut servir à la construction de ce nouvel édifice.

Plus d'informations sur le site officiel des JISL

 

 




Le Monde des Religions
n°40 - mars-avril 2010



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